Palais des ducs de Bourgogne

Des murailles fortes, un palais imposant et tortueux, des clochers et beffrois innombrables... De très loin le voyageur devine que la Cité de Dijon est le siège d'un puissant et riche duché.
 
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 [RP fermé] Office d'armes, travail de nuit et heures supp'

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Ingeburge
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MessageSujet: [RP fermé] Office d'armes, travail de nuit et heures supp'   Dim 27 Juin - 14:40

Theudbald a écrit:
Ce mercredi 2 juin au soir, le héraut, dans son bureau assombri et silencieux, comptait les lettres qu'il avait placé dans sa reliure. La cérémonie d'allégeance était terminée et il avait donné congé aux valets bleus. Il était donc temps d'aller rencontrer la duchesse pour lui soumettre ces demandes d'allégeance écrites. Travail des plus simples et fastidieux, une formalité, lorsque le régnant n'est pas Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg.

Bourgogne s'attendait à une longue et éreintante entrevue, qui se perdrait sans nul doute possible dans un débat stérile sur les devoirs afférants aux vassaux et au suzerain.

Il soupira et ses épaules s'affaissèrent un court instant, avant de se reprendre et de passer l'huis de l'office héraldique, décidé, en direction des appartements de la duchesse. Taïaut !

Il frappa à sa porte et attendit la réponse de quelconque Morvandiau ou d'un Lombard primé de la foire à boeufs de Charolles.

Ingeburge a écrit:
Quand un régnant a achevé le marathon des allégeances, généralement quand la minuit est passée, son temps ne lui appartient toujours pas. Qu'importe qu'il ait été sur le pied de guerre dès l'aube afin de recevoir ses vassaux de bon matin, le teint frais et l'œil brillant, qu'importe qu'il ait passé sa journée à se lever et à s'asseoir, à parler et à se taire, à prendre des personnes dans les bras et à remettre des présents, qu'importe qu'il aura dû se sustenter et se désaltérer rapidement entre deux prestations de serments, sans pouvoir savourer rafraîchissements et mets, qu'importe que malgré tout le monde venu pour le voir il soit resté seul tout le long de la journée, ne pouvant que paraître et se taire tandis que les nobles peuvent deviser à leurs aises, qu'importe qu'il ait les tempes douloureuses et les yeux irrités à la fin de cette journée, qu'importe qu'il ait dû prendre dans ses bras des personnes qu'il ne peut souffrir, qu'il ne peut sentir et ce, dans toutes les acceptions du terme... qu'importe tout cela puisque ce n'est qu'une part de la corvée et qu'au final, certaines choses auxquelles il ne peut échapper restent à faire.

Ingeburge, pour avoir déjà par trois fois duchesse, pour travailler sur le Nobiliaire et sur l'Armorial de Bourgogne depuis des mois, et, pour savoir ne serait-ce qu'un peu compter, pouvait estimer combien de temps encore cette journée horrifique qui avait déjà plongé depuis des heures dans l'obscurité de la nuit allait encore durer.

Claquemurée en ses appartements privés, debout non loin de la porte de sa chambre, l'oreille aux aguets, elle attendait de reconnaître le pas caractéristique de
Bourgogne. Elle ne savait quel parti prendre, oscillant tantôt entre l'envie d'en finir enfin et de bougonner de ce que le héraut ne se montrât pas plus tôt et celle de retarder ce moment ennuyeux au possible où elle jouerait les scribes ducaux pour ses vassaux n'ayant pu se déplacer. Elle guettait donc, pas contente de toute manière, qu'elle voulût sur le moment que Theudbald fusse là ou non. Et, tout en surveillant d'une oreille attentive l'arrivée du héraut, elle entreprenait de défaire les entrelacs de sa coiffure de gala, fronçant les sourcils et laissant apparaître en ses lèvres entrouvertes la pointe rosée de sa langue. Elle aurait pu être aidée mais elle se sentait bien trop irritée pour supporter la présence de quelque suivante empressée ou de quelque camériste bien plus experte qu'elle. Sa chevelure, enfin, fut libérée de leur carcan floral et soyeux et cascada, dénouée, dans son dos. Elle passa les doigts dans les cheveux se retrouvaient ondulés du fait des nattes et ôta ainsi ce qui restait de verdure piquée dedans. A ses pieds désormais, aubépine, houblon et feuilles de chêne, vestiges fanés d'une journée interminable. Elle s'assit ensuite sur un tabouret, ôtant ses chaussures puis ses chausses montantes. Durant un instant, elle remua délicatement les orteils, appréciant le contact de l'air sur ses pieds nus. Le plus dur vint ensuite et elle regretta un instant de se trouver seule car retirer sa lourde houppelande aux manches évasées serait une gageure. Quelques contorsions, grognements, cheveux tirés et soupirs plus tard, la robe de taffetas alla rejoindre sur le lit la cape-aux-rabots et à demie soulagée, elle fit quelques pas, se sentant plus légère. A demie soulagée car, passé sur une fine chemise, son surcot de soie épaisse et noire, aux manches collantes, moulant son buste et s'évasant à partir de la taille, l'enserrait toujours et que ce surcot, elle ne pouvait décemment pas l'enlever. Ce serait pour plus tard.

Il arriva. Enfin.
Elle le sut entendant le bruit sourd des pieds martelant résolument le parquet du corridor menant jusqu'à chez elle et en percevant ensuite le grattement à l'huis de l'antichambre. Dans quelques secondes, il serait là, avec ces lettres qu'elle devrait lire et auxquelles elle devrait répondre. Mine bougonne, elle s'installa derrière la table qui avait été dressée dans sa chambre et elle attendit que l'un des gardes ouvrît.

Aubin Fichot, incarné par Ingeburge a écrit:
L'était pas contente la Duchesse. Ça, Aubin Fichot, il l'avait perçu avant même que ce soit visible, habitué qu'il était désormais à côtoyer la Dame d'Ausserre, temporairement Dame de Bourgogne, au castel, à Tonnerre ou encore au Palais des Ducs, à Dijon. C'était quelques petits signes qui ne trompaient pas qui l'avaient mis sur la voie et même si on disait qu'il était lent, empoté, désinvolte et d'autres mots dont il ne comprenait pas le sens et dont il ne se souvenait de toute façon pas, il avait bien vu que la Duchesse, l'était pas contente. Ça avait commencé avant même la cérémonie, elle voulait pas y aller; ça avait monté durant, elle voulait calter de là; ça avait fichtrement éclaté quand toute la haute s'en était allée, elle aurait voulu les suivre et ça avait été bien bruyant quand après avoir regagné sa piaule au pas de charge, elle en avait claqué la porte, elle espérait peut-être pouvoir y rester coincée.

Aussi, il se fendait la poire Aubin Fichot, car il savait que ce n'était pas fini et que ce n'était pas lui qui ferait les frais de l'état de nerfs passablement irrités de la Duchesse, non, ce ne serait pas lui mais l'autre là, le héraut qui comble de malchance pour Aubin Fichot était aussi vassal de la Patronne. Il allait arriver avec toute sa ferraille et son tabard et son air supérieur et un langage ordurier aussi, certainement, parce que tout couronné qu'il soit l'homme de la distinguée Dame d'Ausserre, il venait plutôt du ruisseau, comme Aubin Fichot et pas d'une grande famille, comme leur Duchesse. Ça le vengerait un peu des brimades du Seigneur d'Irancy ce tête-à-tête houleux qui s'annonçait et il écouterait à la porte, pour ne rien perdre de la mauvaise humeur et des piques de la Duchesse, oui-da!

Des coups à la porte se firent entendre, ça devait être le héraut et, pour une fois empressé, Aubin Fichot se donna la peine de tirer le vantail. Sourire benêt plaqué sur les lèvres, il fit signe à Theudbald de le suivre, parcourut un bout de couloir et ouvrit finalement une porte, déclamant d'une voix guillerette :

— Ch'ost l'héraildiste, Voste Graisce lai Duchiesse!
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