Palais des ducs de Bourgogne

Des murailles fortes, un palais imposant et tortueux, des clochers et beffrois innombrables... De très loin le voyageur devine que la Cité de Dijon est le siège d'un puissant et riche duché.
 
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 [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités.

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Theudbald
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MessageSujet: [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités.   [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. EmptyVen 22 Jan - 10:37

Après la 3e cérémonie d'allégeance à la duchesse Ingeburge, examen des courriers.

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MessageSujet: Re: [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités.   [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. EmptyVen 22 Jan - 10:40

Ingeburge a écrit:
[Nuit du douze au treize décembre 1457, Palais des Ducs de Bourgogne - Où l'on imagine que l'on sait ce qui a eu lieu avant alors que ce n'est pas encore fini et qu'on est déjà bien après (z'allez comprendre, roh)]


Conclue. Terminée. Achevée.
Enfin cette journée bien trop longue et bien trop riche en émotions était derrière elle. Pour la troisième fois elle en avait fini avec les allégeances bourguignonnes. Pour la dernière fois car cette fois, elle ne se laisserait pas attendrir : non, elle ne se représenterait pas. Que ferait-elle une fois libérée de ses responsabilités? Certainement pas se reposer car les projets plus ou moins raisonnables se bousculaient. Et puis, elle aurait bien le temps de prendre du temps pour elle une fois morte.
Son regard caressa presque tendrement le trône ducal qui avait été sa cage dorée durant toute la journée. Dans un peu plus d'un mois, quelqu'un d'autre en prendrait possession. En ressentait-elle de l'amertume? Il était bien trop tôt pour le savoir et à cet instant précis, elle était bien contente de le délaisser, elle l'avait trop vu, et pour plusieurs jours. Elle s'en détourna donc soulagée et regarda la salle désormais vide. Tous ceux qui s'y étaient pressés tout le jour durant avaient quitté les yeux et ses hommes seuls y demeuraient encore, rassemblant les cadeaux prévus pour ceux qui ne s'étaient pas déplacés en personne. Les présents seraient expédiés... ou pas, tout dépendrait des destinataires. Quand tout fut réuni, elle quitta la salle d'apparat, sous l'œil vigilant des Lombards.

Le petit groupe se dirigea vers les appartements ducaux, à la lueur des chandelles disposées çà et là dans les corridors du palais. L'air était froid et elle hâta le pas, pressée de se retrouver chez elle où un bon feu avait été mis à flamber. Ils arrivèrent, quelques minutes plus tard et elle se dirigea vers une croisée, sans un mot. Elle ferma les yeux et porta les mains à ses tempes rendues douloureuses par le brouhaha, les odeurs, les éclats de voix, la station debout, l'attention soutenue qui avait dû être la sienne durant toute la cérémonie.

Présentement, elle n'aspirait qu'à trouver son lit, à s'étendre entre les draps frais et soyeux, à se pelotonner dans les fourrures et à clore les yeux, pour quelques heures, le temps d'une nuit qui serait de toute façon bien trop courte. Mais il lui restait quelque chose à accomplir avant de pouvoir laisser tout ce protocole bimestriel derrière elle et tourner une dernière fois la page. Encore une fois, une troisième fois.

Laissant échapper un soupir, elle se tourna vers sa garde qui s'était fondue dans le décor — ses hommes étaient divinement bien assortis aux tentures — et elle souffla :

— Faites-moi appeler Bourgogne.

Un des hommes obtempéra et elle passa dans sa chambre. Lentement, pour passer le temps ou peut-être en gagner, elle retira ses bagues, une à une, les déposant avec soin dans un coffret de marqueterie.

Theudbald a écrit:
Theudbald rassemblait les missives envoyées par les vassaux de la duchesse, demandant le renouvellement de leur allégeance. Il les ordonnait dans une reliure de cuir lorsque l'un des bestiaux lombards entra dans l'office de la Hérauderie. Celui-ci fit part de la convocation auprès de la duchesse, enfin c'est ce que Bourgogne put en déduire, ne causant guère le lombardien-bregognon bâtardisé.

- Euh ouais... Si, si. Voy ! Un minuto, no hay el fuego en el lago. répondit-il en castillan.
Ce qui devait à peu près signifier : "Je viens ! Une minute, ya pas l'feu au lac". Le charolais de concours qui servait de garde devrait comprendre. Il venait bien du sud, hin ?

Il consulta une dernière fois le nobiliaire, referma la reliure, vérifia sa mise et emboîta le pas du garde ducal.

Guardia della Duchessa, incarné par Ingeburge a écrit:
Gennaro était sorti du rang, laissant à ses quatre frères d'armes le soin de veiller sur la Duchessa et s'était ensuite rendu là où il pensait trouver le héraut avec qui décidément la Patronne passait beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de temps. Gennaro pénétra dans le bureau du dit indésirable et lâcha quelques mots, expliquant que la Duchessa l'attendait et pronto.

Le soudard lui répondit dans un sabir auquel il ne comprit pas grand chose et Gennaro se contenta de répondre :

— Ti amo anch'io bastardo, non puoi immaginare... non puoi.
Avant de sourire de toutes ses dents et de mener Theudbald aux appartements de sa maîtresse.

Après quelques minutes de marche, Gennaro poussa finalement une porte et introduisit le Bourguignon dans la chambre ducale.
Puis, Gennaro alla rejoindre ses camarades.

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Ingeburge a écrit:
Les neuf bagues ainsi que l'anneau cardinalice avaient rejoint leur place et elle restait là, à regarder les chatons scintiller sous la lueur des bougies placées avec soin dans la pièce. Combien de temps demeura-t-elle ainsi plongée dans son indifférente contemplation? De longues minutes puisque ce fut le bruit de la porte grinçant en s'ouvrant qui la tira de ses songeries. Elle se détourna pour voir Gennaro rentrer accompagné de Theudbald. Elle avait espéré qu'il viendrait rapidement et elle ne fut pas déçu... Avec un peu de chance, ils expédieraient rapidement la corvée et elle pourrait enfin être seule.

Aux gardes, elle déclara :

— Vous pouvez me laisser, je n'aurai plus besoin de vous.
Elle attendit que les Lombards quittent les lieux, en profitant pour se déchausser puis elle s'adressa ensuite au héraut :
Bourgogne, merci à nouveau à vous de répondre aussi diligemment à mon appel. J'espère ne pas vous avoir tiré d'une tâche qui ne pouvait être remise.

Tout en discourant sans grande conviction, elle retirait la résille et les pinces maintenant ses cheveux en un chignon bas sur sa nuque. Elle poursuivit, toujours à son affaire :
— Vous vous doutez des raisons de mon invitation et je vois que vous avez...

Elle s'interrompit, laissant passer un léger soupir, elle venait de parvenir à libérer la masse de ses cheveux qui s'épandirent dans son dos. Elle passa la main sur sa tête ainsi dégagée, qu'il était bon d'être ainsi plus à l'aise.
Se reprenant, elle poursuivit :

— Oui, donc, vous savez pourquoi, vous n'êtes d'ailleurs pas venu les mains vides.

La duchesse s'approcha du héraut, résignée et déclara d'un ton où pointait l'indifférence :
— Je suis tout à vous.

Theudbald a écrit:
Il acquiéça d'un signe de tête aux interrogations de la duchesse. Il avait l'air des plus suspicieux et surveillait du coin de l'oeil les Lombards s'en aller. Une fois qu'ils eurent quitté la pièce, il prit la peine de s'assoir sur l'un des fauteuils en bois de chêne recouverts de velours.

Tout en ouvrant la reliure, il demanda :

Ti amo, ça veut bien dire "je t'aime" en lombard ?

Puis un ton plus bas et en levant les yeux au ciel :
Je crois qu'un de vos gardes est amoureux de moi.

Tout en présentant la première lettre, il poursuivit, gouailleur :
C'est fort dommage, maintenant qu'ils se sont mélangés, je ne saurais le reconnaître.
Voici.


Citation :
Expéditeur : Uruk
Date d'envoi : 2009-12-15 13:15:42

Nous, Uruk de Margny-Riddermark, Prince de Condé, Comte du Hainaut, Vicomte de Bourbon-Lancy, Baron d'Antigny, de Beaune et de Jussey,
A vous, Theudbald Malhyus, Héraut d'armes de Bourgogne,

Salut.

Par la présente, vous faisons savoir que nous reconnaissons comme suzerain pour notre vicomté de Bourbon-Lancy, et nos baronnies d'Antigny et de Beaune, sa Grâce Ingeburge von Ahlefeldt-Olden, Duchesse de Bourgogne par la grâce des urnes.

Que nous lui jurons obsequium, auxilium et consilium.

Que si un conflit venait à opposer la Duchesse de Bourgogne, notre suzerain, à un tiers, nous jurons que nous prendrions cause pour elle.

Que nous l'informons de notre venue prochaine sur les terres de nos ancêtres afin que d'honorer et s'occuper de nos fiefs bourguignons.

Fait par nous même à Saumur, ce douzième jour du douzième mois de l'an mil quatre cent cinquante sept.

Ingeburge a écrit:
Il tirait une drôle de trombine le héraut, il avait dû être indisposé par quelque chose et elle ne parvenait pas à mettre le doigt sur quoi... Et il était tellement perturbé qu'il s'assit sans qu'elle l'eut invité à faire de même. Haussement de sourcil perplexe tandis qu'elle continuait à ôter toute la caillasse qu'elle portait encore : collier de la Toison d'Or, Etoile d'Aristote... Finalement, elle prit place derrière un bureau en bois d'ébène, faisant face au perturbé héraut.

Celui-ci lui posa une question des plus étranges et elle se contenta de hocher vaguement la tête et ne relevant pas la remarque qui suivit. C'était donc ça la raison de cette mine inquiète? Elle regarda la porte vers laquelle les Lombards étaient partis et demeura songeuse... bast, elle y reviendrait peut-être plus tard pour l'heure, il s'agissait de s'atteler à la corvée.

D'ailleurs, Theudbald semblait retrouver son habituelle humeur amusée alors qu'il lui présentait la première lettre. Elle s'en saisit, la lut machinalement puis se retint de ne pas l'envoyer au feu. Mécontente, elle indiqua :

— Je refuse de répondre à ceci.
Bien consciente que cela n'aiderait pas le héraut, elle expliqua :
— Pour commencer, c'est suzeraine et non pas suzerain.
Elle pointa le mot par deux fois écrit d'un doigt rageur puis elle ajouta :
— Ensuite, pour qui se prend-il? Il s'adresse à vous et non pas à moi. C'est à vous qu'il présente son allégeance et non pas à moi. Et il parle de moi à la troisième personne. Qu'il vienne cet impoli, je saurai le recevoir, je lui parlerai par l'intermédiaire d'un messager aux côtés duquel je me tiendrai.
Et elle conclut :
C'est tout simplement inacceptable.

Theudbald a écrit:
Theudbald abandonna le ton de la plaisanterie. Il était désormais pantois. Il relu la lettre en diagonale et garda le silence un instant, le temps de réfléchir.

Hmm, vous avez déjà accepté des "suzerain" dans des demandes d'allégeance. Enfin, j'en ai au moins un exemple en tête, celle de Clamecy, laquelle j'étudie pour une certaine raison. Pourquoi cela vous chragrine-t-il ici ?

Pour le reste, il est vrai que la forme est très maladroite, surtout pour un Prince de Condé. Serment vous est néanmoins fait.

Auriez-vous une rancoeur contre Condé ?
Theudbald cherchait les bons mots. Je veux dire, y aurait-il un contexte que je ne connais guère ? Des maladresses ou manques de respect antérieurs ?

Ingeburge a écrit:
Alors là, c'était la meilleure! D'accord, elle était pénible mais fallait pas pousser mémé dans les orties non plus.
Elle répondit :

— Je m'émeus de ce " suzerain " peut-être parce que la forme de la lettre m'a poussée à relire celle-ci plus d'une fois tant je n'en revenais pas que l'allégeance qui est censée être personnelle vous est adressée à vous et non à moi, directement. Et forcément, cela m'a sauté aux yeux.
Ensuite...


Un soupir s'échappa de ses lèvres et elle demanda, lasse soudain :
— Et pourquoi cette question à propos de mes relations avec ce sieur? Je dois dire que je ne comprends pas. Je vous indique que la forme me surprend, pourquoi chercher une autre raison à ma gêne?

La duchesse ferma les yeux, un court instante, puis d'une voix résignée, elle déclara :
— Non, nulle querelle avec cet homme que je n'ai jamais vu et que je ne connais même pas. J'ai déjà croisé quelques membres de sa famille en grande majorité installée en Empire et je n'ai de différent avec aucun d'entre eux.

Elle répéta :
— C'est la forme de la lettre qui me gêne... est-ce si répréhensible de ne pas y agréer? Car je vais finir par croire que vous jugez que ma réaction est illégitime... Je suis tout de même la destinataire de l'allégeance. Serait-ce à dire que je doive accepter et répondre sans rien dire?

Theudbald a écrit:
D'accord. Ca commençait comme ça. La journée avait déjà été interminable, mais il semblait que la duchesse n'en éprouvait que très peu de lassitude. Ou alors...

La journée a été longue et laborieuse pour vous comme pour moi. Les nerfs sont à vif. Aussi je puis comprendre votre envie de me bousculer, mais il n'y en a nul besoin. dit-il d'un air maussade.

Peu me chaut en vérité vos relations avec Condé, Votre Grâce. Je serais drôlement culotté de m'y intéresser. J'ai cru bon de m'enquérir de faits éventuels dont je n'aurais point eu connaissance, pouvant m'éclairer de votre réaction. Tout comme vous, j'attendais légitimement une lettre mieux formulée de la part d'un prince. Cependant, je ne vois guère de motif pour la juger "inacceptable". C'est un constat qui se veut objectif.

Après quelques secondes de silence :
J'ai dit ce que je pensais sur le sujet. Mon rôle est joué. Faites comme vous le jugerez juste.
Blasé, il se radossa à sa chaise, bras croisés sur la poitrine, décidé à ne pas engager plus loin le débat.

Ingeburge a écrit:
[Crâneur!]


— Mes nerfs se portent parfaitement bien, merci pour eux.
Elle non plus ne s'éterniserait pas à expliquer le pourquoi du comment de la chose, il ne comprenait pas où elle venait en venir et quand il prenait ce petit air-là, oui, oui, juste celui-là, il était évident qu'elle aurait beau expliquer, argumenter, gloser... il ne se mettrait pas en frais pour tenter de comprendre.

Soit.

Néanmoins, petit air de défi sur le visage, elle plia la missive de la discorde, la mit de côté et tendit une main paume tournée vers le ciel à Theudbald :

— La suivante, je vous prie, Bourgogne.

Theudbald a écrit:
La suivante... Il ouvrit la reliure et y piocha la suivante. Il déglutit. Il resta figé quelques secondes, alors que la duchesse tendait la paume. Il approcha lentement la lettre de sa grâcieuse main, le temps de réfléchir à un subterfuge pour détendre l'atmosphère, ou autre chose...

Il posa la lettre entre les doigts vers lui tendus.


Voici la demande d'allégeance pour Malpertuis. Je vous laisse un instant, pendant que vous l'examinez. Il est une lettre à mon office que j'ai oublié de prendre et que je dois m'en aller quérir de suite.

Et il se leva, puis s'éclipsa.

Citation :
Citation :
De Nos, Paula Estèva d'Alanha, dich Lengadòc, Comtessa consòrt de Gevaudan, Baronessa consòrt d'Alanha e Senhoressa de Sant Martì Lavardinienc .
Entà los tèrras de la Baronià de Malpertuis, de part de la pichona Jehanne Elissa de Volpilhat que avèm la Tutèla;

A Vos, Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg , Duquessa de Borgonha;


Adissiatz !


Per la estanta portam alieugient de la Baronià de Malpertuis a la fòrça graissa garlandèl de Borgonha, prometèm ne aquò conselhatge, sostaire e fiseletat per la dich Baronià que gerissèm ne caletra de Tutairitz de la jovena Baronnessa Jehanne Elissa de Volpilhat, Eiretadora de la seuna Maire Marguerite Corteis de Volpilhat.


Escrich e sagelat de la Nòstra man a Menda la Polida, Decembre -VIISD.
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__________
HRP : Allégeance typique.

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MessageSujet: Re: [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités.   [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. EmptyVen 22 Jan - 10:50

Ingeburge a écrit:
A peine la lettre déposée dans sa main, Theudbald indiqua sa provenance... et s'enfuit. Car pour elle, ce n'était rien de moins qu'une fuite au vu de la vitesse avec laquelle il s'était éclipsé... Et l'explication fournie, des lettres oubliées, lui parut un peu grosse pour ne pas dire suspecte.

Ingeburge regarda donc la porte se refermer et se concentra ensuite sur le pli qu'elle tenait. Un léger sourire étira ses lèvres, oui, c'était bien là une fuite, le héraut se souvenant certainement des péripéties précédentes concernant Malpertuis. Elle fit tourner quelques secondes la lettre entre ses mains, supputant déjà qu'elle ne serait pas rédigée en français car c'était bien ce qui avait dû pousser Theudbald à détaler aussi rapidement ou tu du moins, la réaction ducale en constatant qu'une fois de plus, la lettre n'était pas réglementaire.
Finalement, elle ouvrit la missive et son intuition ne fut pas déçue.

La lettre fut déposée avec grand soin et Ingeburge entreprit de retrouver la lettre reçue quelques semaines plus tôt. Elle chercha également la lettre de Legueux, certifiant que le serment était en tout point valide. Les deux allégeances épistolaires de Paula Esteva sous les yeux, Ingeburge entreprit de les comparer et elle arriva à la conclusion qu'elles étaient rigoureusement identiques.
Se laissant aller contre le dossier du fauteuil sur lequel elle était assise, elle pensa alors à cette visite qu'elle avait projetée de faire à la Chapelle Saint-Antoine, visite remise pour cause d'urgence. Y aller était finalement plus que nécessaire.

Mais en attendant, elle répondrait, enfin, en quelque sorte. Elle empila donc soigneusement les trois lettres et les mit de côté avant de s'attaquer à la rédaction de sa réponse :

Citation :

    A Jehanne Elissa Raphaëlle de Volpilhat, Vicomtesse de Cauvisson et Baronne de Malpertuis,
    Salutations et bénédictions.




    Nous, Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg, vingt-troisième Duchesse de Bourgogne, sous le regard du Très-Haut et de Saint Bynarr, vous accordons et ce, pour la durée de notre mandat protection, justice et aide pour vos terres de Malpertuis.
    Nous tenons à indiquer que nous ne remettons pas en cause la valeur de l'allégeance épistolaire reçue, comme nous n'avons pas remis en cause la précédente, mais bien la forme que nous n'acceptons pas.



    Rédigé et scellé au Palais des Ducs de Bourgogne dans la nuit du douze au treize décembre de l'an de grâce MCDLVII.

    SA Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg,
    Duchesse de Bourgogne.


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    [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Bourgognerhd6


La cire avait refroidi et elle glissa la lettre ainsi cachetée vers le coin de table où Theudbald se tenait quelques minutes plus tôt. Le héraut d'ailleurs n'était toujours pas revenu. Peut-être attendait-il un quelconque hurlement de sa part signifiant ainsi qu'il pouvait revenir car la tempête avait déjà éclaté?
Lasse, elle ferma les yeux.

Theudbald a écrit:
Bourgogne était de retour, suivi d'un chevaucheur d'armes portant à deux mains un grand cadre enveloppé dans plusieurs étoffes de lin.

Voici la "lettre" de Mervans. C'est ironique, c'est la plus grosse, et pourtant c'est celle que j'avais oublié.

Il aida le chevaucheur à caler le cadre contre le mur et donna le courrier à la duchesse. Il attendit qu'elle l'ait lu, puis il retira théâtralement les draps qui cachaient le tableau.

Il espérait qu'Ingeburge le trouverait de bon goût. Peut-être que cela ramènerait sa bonne humeur. Il était à l'affût de sa réaction.


Citation :
A la duchesse de Bourgogne,

nous nous abstiendrons de parler de "nouvelle duchesse" puisque vous avez réussi à assoir votre pouvoir dans la continuité en Bourgogne. Félicitation pour votre reconduction sur le trône. Il est donc de nouveau temps de prêter allégeance au duché de notre sang. Voilà donc une nouvelle fois une lettre. Nous en sommes encore désolées. Nous avons connu une période de retraite qui ne nous aura pas laisser le temps d'entreprendre le voyage pour arriver à temps en Bourgogne.

"Nous Juliette d'Harles de Lasteyrie, Baronne de Mervans, Dame d'Etroyes et douairière de Meyssac, pour nos terres de Mervans, reconnaissons, son Excellence Ingeburge duchesse de Bourgogne.
Nous jurons fidélité, conseil et aide militaire si le besoin s'en faisait ressentir. "

Nous souhaitions accompagner notre allégeance d'un cadeau très particulier. Nous avions quelques difficultés à pouvoir vous décrire la Normandie et surtout ses Normands alors nous avons pensé à ce tableau que nous avons réalisé il y a plusieurs mois. Il est à vous.

Nos salutations les plus respectueuses.

Juliette d'Harles de Lasteyrie

faict à Evreux, le 13 décembre 1457.

[RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Gueulestr2

Citation :
Le cadeau était très bien emballé sous plusieurs épaisseurs, couches, de draps et de papier - pour éviter de l'abimer et assurer la discrétion de l'objet-. Juliette trouvait ce cadeau original et même si elle était une profonde aristotélicienne, elle était bien prête à mettre en valeur la vie telle qu'elle la voyait en hommage au travail du Très Haut.

[RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Tableauhommenusign

Ingeburge a écrit:
Pas convaincue pour deux deniers par l'explication fournie, on ne se refait pas, Ingeburge prit le pli des mains de Theudbald, n'accordant que peu d'importance à ce que celui-ci fabriquait avec son chevaucheur d'armes. Elle le gratifia donc d'un regard dubitatif et se plongea dans sa lecture.
Quelque peu surprise, elle releva la tête et s'apprêta à poser une question. Mais elle fut devancée par un Bourgogne en très grande forme qui à moult renforts d'effets de manche lui dévoila le fameux cadeau.

Fort heureusement, Ingeburge était assise et le choc de la découverte ne la fit donc pas vaciller. Ce n'était pas le nu qui la dérangeait, en amateur d'art sacré et profane qu'elle était, elle possédait elle-même quelques sculptures et toiles du genre. Non, c'était simplement l'idée de la Baronne de Mervans en train de scruter un homme dans le plus simple appareil — car la dame d'Harles écrivait clairement qu'elle était l'artiste ayant produit le tableau et qu'il représentait là ce qu'était un Normand — qui la perturbait.
La duchesse ne put que murmurer :

— Dieu du Ciel!
Car à cet instant précis, les images lui venant à l'esprit étaient bien trop inconvenantes pour qu'elle puisse dire autre chose.

Quelque peu gênée, elle se leva et s'approcha de l'imposant tableau. Elle observa alors la toile de plus près, tâchant de repousser l'image d'une Juliette pinceaux à la main s'écriant :
« un peu plus de vigueur je vous prie! »
Repensant à la missive, elle s'exclama :
— Et bien, je me demande bien de quel Normand il s'agit là! Les proportions sont ma foi assez... étonnantes. Je veux dire par là que...
S'interrompant, elle désigna la grande main et le reste et ajouta, se reprenant tant bien que mal :
— De là à en conclure qu'il s'agit d'une caractéristique typiquement normande...
Regardant franchement Theudbald, elle lui déclara, toute sérieuse :
— Il faudra songer à interdire aux dames de la noblesse bourguignonne de convoler avec des nobles normands. Ce serait assurément compromettre d'entrée leur avenir.

Theudbald a écrit:
Theudbald acquiesça.

C'est quand même vrai que le reste paraît réduit, par rapport aux mains. Je ne suis guère un expert en art, hormis héraldique, mais je crois que les proportions données aux mains sont voulues. Des grosses mains, ça fait viril.

Il contempla la toile, songeur, avant d'ajouter très sérieusement :

Les Normands ont de plus grosses mains que les Lombards.

Ingeburge a écrit:
Tooooooooooooooooooootalement revenue de sa gêne première, Ingeburge fit franchement la moue à la remarque de Theudbald sur la symbolique des proportions des mains en peinture et lâcha, peu convaincue :
— Si vous le dites.

Avant d'ajouter :
— Mais cela demeure tout de même peu flatteur.

Puis Bourgogne embraya sur les Lombards et le regardant fixement, elle indiqua :
— Je ne vous connaissais pas une telle passion pour les mains des hommes et un tel intérêt pour ma garde... c'est là votre seconde remarque à leur sujet en quelques minutes.
Elle le scruta, songeuse et dit :
— Enfin, c'est vous que cela regarde.

Puis, elle retourna à son bureau et s'exclama :
— Répondons, donc, à la baronne! Et remercions-la d'avoir illuminé votre soirée en vous permettant d'assouvir l'un de vos penchants.

La plume glissa sur le vélin, assurée :
Citation :

    A Juliette d'Harles de Lasteyrie , Baronne de Mervans, Dame d'Etroyes et douairière de Meyssac,
    Salutations et bénédictions.




    Nous, Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg, vingt-troisième Duchesse de Bourgogne, sous le regard du Très-Haut et de Saint Bynarr, vous accordons et ce, pour la durée de notre mandat protection, justice et aide pour vos terres de Mervans.
    Nous tenions en outre à vous remercier pour votre présent fort surprenant mais apprécié à sa juste valeur.

    Recevez enfin de notre part, notre propre cadeau qui, nous le gageons, saura combler l'exilée que vous êtes; il s'agit en effet d'un coffret rempli de spécialités bourguignonnes, vous y trouverez en outre une petite fiole contenant de la terre de Mervans.



    Rédigé et scellé au Palais des Ducs de Bourgogne dans la nuit du douze au treize décembre de l'an de grâce MCDLVII.

    SA Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg,
    Duchesse de Bourgogne.


    [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Signaturewmu
    [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Bourgognerhd6


La lettre rejoignit celle déjà écrite et de nouveau, une main tendue :
— Alors, quelle est la suite du programme, je vous prie?

Theudbald a écrit:
Il s'esclaffa intérieurement.
Une telle passion pour les mains des hommes ? C'était une innocente remarque. Comme vous allez vite en besogne !

Lettre suivante.


Guilhem_de_vergy a écrit:
Citation :
Nous, Guilhem de Vergy, Comte de Beaumont-sur-Sarthe, Baron de Saint-Vérain, Seigneur d'Auriac.

Prêtons allégeance à la nouvelle Duchesse élu par le peuple Bourguignon et reconnu par le Roy, Levan III de Normandie, Ingeburge , pour nos terres sises en la Baronnie de Saint-Vérain, lui jurons, ainsi qu'à notre bien aimé souverain, fidélité, conseil et aide armée si besoin devait s'en faire ressentir.

Que le très haut puisse veillez sur votre mandat et guider votre esprit pour le bien de vos habitants.

Fach en la ciutat de Mayenna, en Maine, lo dus Genièr mila quate cents cinquanta e uèt.

[RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Signature2j

[RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Guilhemvergyrougedx5

Ingeburge a écrit:
Fidèle à elle-même, elle répliqua, toute sérieuse :
— Je vais peut-être vite en besogne, mais vous ne démentez pas.

S'emparant de la lettre suivante, elle remercia Bourgogne et prit connaissance de la missive ainsi transmise. Elle fi remarquer :
— Et encore une fois, " nouvelle duchesse élue "... Il est plus évident que certains nobles ne prennent pas la peine de se renseigner sur la vie du duché où ils sont fieffés. C'est assez navrant au final mais soit.

Déposant le vélin, elle s'attaqua à la réponse, avec diligence, point ne serait besoin de se forcer à la personnaliser :
Citation :

    A Guilhem de Vergy, Comte de Beaumont-sur-Sarthe, Baron de Saint-Vérain et Seigneur d'Auriac,
    Salutations et bénédictions.




    Nous, Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg, vingt-troisième Duchesse de Bourgogne depuis juillet et certainement pas, donc, nouvelle suzeraine bourguignonne de ce fait, sous le regard du Très-Haut et de Saint Bynarr, vous accordons et ce, pour la durée de notre mandat protection, justice et aide pour vos terres de Saint-Vérain.



    Rédigé et scellé au Palais des Ducs de Bourgogne dans la nuit du douze au treize décembre de l'an de grâce MCDLVII.

    SA Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg,
    Duchesse de Bourgogne.


    [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Signaturewmu
    [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Bourgognerhd6


Quand elle eut terminé, elle déclara :
— Je suis prête pour le suivant... mais j'y pense, désirez-vous qu'une collation vous soit servie? Vous veillez depuis longtemps maintenant.

Theudbald a écrit:
Qu'apporterait un démenti ?
Non. Je me complais dans l'ambiguïté.

Saint Verain... Il n'avait guère besoin de se renseigner. La lecture attentionnée de mon courrier aurait suffit pour le savoir. Je vois que je gratte pour des prunes et ça a tendance à me vexer.


Il patienta le temps qu'Ingeburge rédige la réponse, examinant ses mains de héraut sous tous les angles.

A la proposition de collation, il feignit l'honneur outragé.

Votre Grâce, je suis mercenaire dans votre armée. Je sais longtemps veiller sans collation.
Ah ! c'est pas le tout d'avoir de grandes mains si c'est uniquement pour dissimuler ses bâillements ou attrapper plus de petits gâteaux.

Voici.


Citation :
Expéditeur : Theodomir.
Date d'envoi : 2010-01-03 11:53:42
Par la grâce d'Aristote,

nous, Théodomir de Hennfield, Duc de Louhans, Baron de Ciel et de Château-Chinon en Bourgogne,
à vous, Ingeburge von Alhefeldt-Oldenbourg, Comtesse de Bourgogne par la grâce des urnes,

le salut.

Par la présente, nous reconnaissons :

Comme suzerain vous, Ingeburge von Alhefeldt-Oldenbourg, Comtesse de Bourgogne par la grâce des urnes.

Que nous vous devons désormais respect (obsequium), aide (auxilium) et conseil (consilium), pour peu que ce que vous exigeriez de nous n�aille pas à l�encontre des Vertus de L�Aristotélicisme.

Que si un conflit venait vous opposer vous, Comtesse Ingeburge von Alhefeldt-Oldenbourg de Bourgogne, notre suzerain, à un tiers, nous jurons que nous prendrions cause pour vous.

Que nous ne puissions enfreindre la page de ce serment, ou aller à son encontre par un courage téméraire. Si cependant nous osions le tenter, que nous sachions que nous encourrions l'indignation du Dieu tout-puissant et de ses bienheureux prophètes.

Nous, Théodomir de Hennfield, Duc de Louhans, Baron de Ciel et de Château-Chinon, a écrit et ratifié,

Daté à Castelroux en Berry en ce trois janvier de l�An de Grasce MCDLVIII.

Qu'il en soit ainsi et heureusement. Amen.

Il se radossa sur son siège.
Un vin du nord : un chablis, un irancy, ou même un beaumont, pour la digestion. Avec du pain d'épice. Parce que je ne puis décemment refuser une collation ducale.

Ingeburge a écrit:
Terrain glissant.. Si elle relevait toutes les bêtises de Theudbald, elle y passerait la nuit et elle avait encore fort à faire... comme passer la nuit à répondre aux allégeances épistolaires.

Le héraut lui présenta la lettre suivante qu'elle laissa choir, la mine dégoûtée. Elle ne dit rien, reprenant connaissance du contenu tandis que le Nivernais passait commande.

Elle fit appeler un valet, transmis ce qui été désiré puis s'adressa à son commensal :

— Est-ce bien nécessaire que je m'occupe de ce...
Son nez se fronça et elle pointa du doigt la missive rejetée.
— Il écrit " suzerain " n'ayant toujours pas compris qu'une femme est suzeraine, "Comtesse de Bourgogne " alors que manifestement, la Bourgogne est un duché et " désormais " comme si avant ce qu'il promet là n'avait aucune valeur; il écorche mon nom de famille et finalement date sa lettre du mois de janvier alors que nous sommes en décembre.

Plantant son regard dans celui de Theudbald, elle prononça la rengaine bien connue :
— Un suzerain d'un duché souverain ne peut donc que se taire.

Puis, pas satisfaite du tout, elle fit réponse à l'autre :
Citation :

    A Théodomir de Hennfield, Duc de Louhans, Baron de Château-Chinon et de Ciel,
    Salut.




    Nous, Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg — et non Alhefeldt — vingt-troisième Duchesse de Bourgogne — et non pas Comtesse de Bourgogne — sous le regard du Très-Haut et de Saint Bynarr, vous accordons et ce, pour la durée de notre mandat protection, justice et aide pour vos terres de Louhans, Château-Chinon et de Ciel, comme nous l'avons déjà fait et donc pas désormais car rien n'a changé depuis juillet. Nous le faisons et contrainte et forcée et contre notre volonté propre, cela non plus n'a pas changé d'un iota.

    Il en est ainsi et malheureusement.


    Rédigé et scellé au Palais des Ducs de Bourgogne dans la nuit du douze au treize décembre — car nous sommes en décembre — de l'an de grâce MCDLVII.

    SA Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg,
    Duchesse de Bourgogne.


    [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Signaturewmu
    [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Bourgognerhd6


Ce fut quand elle eut terminé de rédiger une réponse qu'elle aurait voulu pouvoir éviter que le valet revint avec son chargement — Irancy, pains d'épices et fruits — et servit le héraut et la duchesse.
Cette dernière déclara :

— Je vous en prie, Bourgogne, restaurez-vous. Puis-je cependant avoir avant toute chose la lettre suivante?

Elle tendit une main ferme vers son hanap ciselé qu'elle vida d'un trait. Il ne lui fallait rien de moins que de l'alcool pour se remettre de la contrariété provoquée par la dernière missive lue.

Theudbald a écrit:
C'est avec étonnement qu'il lu la réponse faite à Louhans. Il s'était attendu à force protestation et un renvoi de la lettre à une éventuelle "Comtesse de Bourgogne", en Franche Comté. Mais point. Il avait seulement essuyé un sempiternel "le suzerain doit se taire" grinçant à ses oreilles, auquel il avait presque supplié :

"Par pitié, point encore de débat sur les droits et devoirs du suzerain et du vassal."

Il tendit la lettre suivante et se servit son content de vin.


Casanier a écrit:
Par la grâce d'Aristote,

Nous Casanier de la Forge d’Antan, Baron de Lormes

à vous, Ingeburge, Duchesse de Bourgogne par la grâce des urnes,

salut.

Par la présente, je reconnais comme suzerain, Ingeburge, Duchesse de Bourgogne par la grâce des urnes.

Que je vous dois désormais respect, aide et conseil,

Que si un conflit venait vous opposer vous, Ingeburge, Duchesse du Bourgogne, mon suzerain, à un tiers, je jure que je prendrais cause pour vous.

Que nous ne puissions enfreindre la page de ce serment, ou aller à son encontre par un courage téméraire. Si cependant nous osions le tenter, que nous sachions que nous encourrions l'indignation du Dieu tout-puissant et de ses bienheureux prophètes.

Pour que l'autorité de notre serment obtienne une vigueur plus ferme dans les temps à venir, nous avons décidé de la confirmer par notre main et de la signer par l'impression de notre sceau.

Nous Casanier de la Forge d’Antan, Baron de Lormes en Bourgogne, a écrit et ratifié,

Fait à Lormes, le 12 decembre 1457.

Qu'il en soit ainsi et heureusement. Amen.

[RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Casaniersceauj

Ingeburge a écrit:
— Ah mais n'ayez crainte, n'ayez aucune crainte, il n'y aura pas de débats car ce sont là des faits bien établis : le suzerain n'a aucun droit, que des obligations, le risque de se faire éventrer au moindre écart alors que le vassal tout de même a une vie plus aisée. Point de débat, donc.
Elle ne sourit pas et finit par franchement s'irriter :
— Non mais dites-moi alors ce que je peux faire contre ce faquin! Dites-le moi, je vous prie.

La lettre présentée fut récupérée et elle proposa :
— Je vous laisse le temps de réfléchir à cette question le temps que je rédige ma réponse au Baron de Lormes.

Elle se mit aussitôt à l'ouvrage :
Citation :

    A Casanier de la Forge d’Antan, Baron de Lormes,
    Salutations et bénédictions.




    Nous, Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg, vingt-troisième Duchesse de Bourgogne, sous le regard du Très-Haut et de Saint Bynarr, vous accordons et ce, pour la durée de notre mandat protection, justice et aide pour vos terres de Lormes.



    Rédigé et scellé au Palais des Ducs de Bourgogne dans la nuit du douze au treize décembre de l'an de grâce MCDLVII.


    [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Signaturewmu
    [RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Bourgognerhd6


Gardant le silence, elle déposa la réponse ainsi rédigée avec les précédentes et attendit la suite des réjouissances, tout en sirotant pensivement son vin.

Theudbald a écrit:
Des faits établis, en voilà d'autres ! Vous promettez protection, justice et subsistance. Ce sont vos engagements. En retour, le vassal jure fidélité, aide et conseil.

Alors, où est l'éventrement ? Si chacun s'en tient à son serment, la moutarde sera bien gardée. Si vous trouvez que vos vassaux ont une vie aisée, c'est que vous n'exploitez pas les serments échangés.

Car voilà : quand donc demanderez-vous l'auxilium que Louhans vous doit ? Il a des terres en Bourgogne. Il vaque à ses petites affaires en Berry pendant que l'ost et la noblesse bourguignonne défendent ses domaines. Et le seul moyen trouvé pour se venger, c'est critiquer sa lettre et jouer sur les mots, au détriment de votre propre promesse de justice, votre Grâce.

Mais convoquez-le donc, votre parvenu de vassal ! Et point de débat.


Il lampa une gorgée d'irancy. Son humeur n'avait cessé d'aller et venir entre la gouaille et l'opposition depuis le début de l'entretien. Il n'était même plus surpris de ce revirement.

Fixant son verre, les yeux dans le vague, il conclut :


De toute façon, en Bourgogne, les serments ne sont que des mots dans le vent. En voilà un autre de fait établi. L'anoblissement n'est qu'une récompense, un remerciement, une décoration. Les suzerains pleurnichent, les vassaux s'engraissent. Seules quelques rares exceptions. On se croirait en Empire.

La dernière lettre.


Citation :
Moi, Theognis Montereau, Baron d'Arquian, Baron de Seignelay, présente mes humbles excuses pour mon absence en ce jour d'allégeances. Les raisons, à nulle autre que vous je les dois. Mais recevez en ce jour par la main de dame Oderay, fière bourguignonne que je recommande à votre bienveillance, l'expression de mon total dévouement.

En quête des richesses du royaume, à la tête de
*la compagnie des Dragons d'Arquian, je jure fidélité, loyauté, et conseils, à Sa Splendeur la Duchesse de Bourgogne Ingeburge.

Que la Bourgogne puisse un jour retrouver le souffle de la liberté!

[RP fermé] Une duchesse, un héraut... Maintes possibilités. Gueulessf21zm1

Ingeburge a écrit:
Ingeburge haussa les épaules une première fois :
— Le risque de se faire éventrer vient d'en haut, vous savez très bien de qui je parle, vous savez très bien que dès que j'ai tenté de contacter la Hérauderie puisque, non, je ne peux rien décider seule, on s'est contentés de me ahaner des règles que je connais plus que mon content.

Puis une seconde :
— Et je ne me venge pas... croyez-vous vraiment que c'est là ma motivation? Et croyez-vous que se venger soit une idée pertinente? Je suis lasse voilà tout de m'échiner pour rien. Alors, le convoquer, je veux bien mais dites-moi ce que cela changera quand ce jean-foutre ne prend pas la peine de convoquer les vassaux de son propre père, ne s'intéresse pas au Collège de la Noblesse et j'en passe? Le convoquer pour lui dire qu'il se fiche du monde, à la bonne heure. La seule chose qui fonctionne avec ce genre de personnes, ce sont les menaces et même cela, je ne le puis, je n'en ai pas la latitude.

Et encore une troisième :
— Quant à dire que les serments échangés ne sont que des mots... Pour certains pet-être mais pas pour tous, vous parlez vous-même de ces nobles qui se battent pour défendre la terre bourguignon. Si, des féaux vassaux, il en existe et c'est bien là une consolation pour moi qui ai perdu certaines de mes illusions en la matière.

Dépliant la lettre sans la regarder, elle conclut :
— Je ne pleurniche pas. Que vous m'englobiez dans vos généralités ou non, je ne pleurniche pas, vous êtes bien placé pour le savoir.

Puis finalement, elle fit machinalement réponse à la dernière missive :
Citation :

    A Theognis Montereau, Baron d'Arquian et de Seignelay,
    Salutations et bénédictions.




    Nous, Ingeburge von Ahlefeldt-Oldenbourg, vingt-troisième Duchesse de Bourgogne, sous le regard du Très-Haut et de Saint Bynarr, vous accordons et ce, pour la durée de notre mandat protection, justice et aide pour vos terres d'Arquian et de Seignelay.



    Rédigé et scellé au Palais des Ducs de Bourgogne dans la nuit du douze au treize décembre de l'an de grâce MCDLVII.


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Ayant fini, elle demanda froidement :
— Avez-vous encore besoin de moi?

Theudbald a écrit:
C'est pourtant simple. S'il ne répond pas à convocation pour aider au salut du duché lors de la prochaine levée de ban, il dérogera à son serment. Ca, c'est un motif de destitution valable, contrairement à une lettre maladroitement rédigée.

Heureusement que la Hérauderie vérifie et juge, avec des Théodomir et des Ingeburge plein le royaume.


Petit sourire forcé, qu'il espérait réconciliateur.

La séance de grattage est terminée. Je vous laisse le dernier mot pour conclure ce non-débat et vous souhaiterai ensuite la bonne nuit.

Ingeburge a écrit:
Dès les premiers mots de Theudbald, elle ferma les yeux, définitivement exténuée. Elle porta ses mains froides à ses tempes et se massa délicatement les zones endolories tant par la fatigue que l'exaspération.
D'une voix faible, elle protesta :

— Maladroite, vous allez voir si je suis maladroite quand il s'agit de donner des coups de griffe. Quant à des " Ingeburge " , je suis unique, heureusement pour vous d'ailleurs. Mais des gougnafiers comme Hennfield, hélas...
Elle haussa à nouveau les épaules et finit par laisser ses mains retomber sur le bureau.

Rouvrant les yeux, elle se remplit un autre verre qu'elle but là encore d'un trait puis se leva, grimaçant tant à cause de la soudaineté de l'effort que de la brûlure subtile de l'alcool dans sa gorge déjà enflammée.
Tâchant de reprendre pied, elle déclara :

— Bien, nous avons donc terminé notre tâche infernale.
Je vous laisse donc tel Orphée revenant des Enfers regagner la lumière des vivants mais de grâce, retournez-vous en sortant car moi, contrairement à Eurydice, je me complais dans l'obscurité de la mort et il ne me siérait guère d'avoir moi aussi à rejoindre la clarté.
La bonne nuit à vous, Bourgogne. Et merci... plus sincèrement que vous ne le croyez.


D'un pas lent, elle se détourna et se dirigea vers l'une des portes dérobées de la pièce.

Theudbald a écrit:
Il ne comprit pas la référence aux dénommés Orphée et Eurydice, mais se promit de chercher leurs noms dans le nobiliaire.
Il entendit les remerciements, en revanche.


Bonne nuit à vous, votre Grâce.

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