Palais des ducs de Bourgogne

Des murailles fortes, un palais imposant et tortueux, des clochers et beffrois innombrables... De très loin le voyageur devine que la Cité de Dijon est le siège d'un puissant et riche duché.
 
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 Même les canards vont au paradis.

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Asterius
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MessageSujet: Même les canards vont au paradis.   Jeu 28 Mai - 14:43

Il était midi... Les cloches du monastère retentissaient pour sonner la fin de la prière... 4 heures de prière le matin, 4 le soir... une idée bien saugrenue pour un non croyant en réalité. Mais ici il était en paix, ou en tout cas le croyait-il?

L'homme - car il était homme avant d'être tout autre chose - fixait son chapelet, hébété par des mois, voire des années - il ne s'en souvenait même plus - d'absence de vie active. Il allait rater le déjeuner, qui serait comme tous les vendredi une soupe de poisson, deux tranches de pain, et une bonne grosse pinte de bière qui l'aiderait, comme tous les jours, à supporter les trois heures de messe qui s'en suivraient.

Les cloches avaient maintenant fini de crier le ralliement, mais il restait assis, a genoux, a compter les boules de son chapelet. Une par maîtresse songeait-il... et de réciter encore leurs noms, pour toujours s'arrêter après la dernière, sur le pendentif lui-même. Une croix? Que nenni! L'objet de par son côté très personnel avait dès le début été profané, et remplacé par celui d'une délicieuse créature invoquant la tentation des mers, une sirène... ...et comme à chaque fois, il plissait les yeux pour contenir ses larmes. Et de se dire qu'il n'était pas là pour vouer quiconque si ce n'est le temps jadis passé avec elle.

L'homme se leva, le pendentif entre les doigts, et regarda son visage dans la glace. Interdiction de parler, mais pas de se réfléchir, pensa-t-il. Et de jauger de la taille de sa barbe grisonnante qui lui descendait maintenant sur le haut du buste.


- A quoi bon? Lâcha-t-il en soupirant.

C'est alors qu'il se produisit une chose étrange. D'un geste bref, il ôta ses vêtements. D'un autre tout aussi soudain, il empoigna une serviette pour cacher son petit Jésus, alors que retentissait dans le couloir le bruit des talons de la soeur Quintalle. Son absence avait sans doute déjà été remarquée au réfectoire, et il ne voulait que la bonne n'aillât croasser dans tout le monastère qu'elle avait vu le diable... ou assurément plus adapté, une apparition divine...

Pourtant, les bruits de pas continuèrent sans s'arrêter et finirent par disparaître. Après avoir lâché sa serviette, l'homme attrapa alors sa canne, d'entre celles qui fut de bois noble et raide comme la jeunesse. Il en déclipsa la sécurité, et brandit sa lame hors de son fourreau, directement sous sa gorge. Il se regarda un instant sans broncher, puis entreprit de se raser.


- Mortecouille, jura-t-il alors qu'il venait de se couper.

Quelques goûtes bordeaux perlèrent sur sa joue, mais il continua son office, imaginant avec délections les jurons que soeur Quintalle prononcerait lorsqu'elle devra déboucher son évier. Il est vrai que depuis le jour où il avait osé se refuser à elle, leurs rapports se dégradèrent sans légèreté.

Une fois rasé, il se dirigeât vers sa penderie et s'y choisit.. le seul mantel disponible : un long mantel de riches velours bordeaux. Il enfila enfin ses gants et ses bottes de cuir rouge, avant de se saisir de cette canne en acajou surmontée d'un énorme rubis rouge. C'est ainsi vêtu que notre homme, Duc de sa noblesse, se dirigea vers la sortie et que, dans toute sa grâce, boiteux, il s'étala en ratant la marche du portillon.


- Cornegibouille, mais comment peut-on bâtir des demeures pareilles? Lança-t-il vert de rage à l'encontre du commis chargé du registre des visites. - Je vous ferais raser ce pénitencier...

Réfléchissant un instant à ses paroles, il termina plus bas : ...si je n'en avait moi-même rédigé les plans...
Il reprit son ton des plus durs et finit par ordonner :

- Allez donc me chercher mon coche! J'espère que mes juments ont été pansées, et que vous avez vérifié les niveaux!

Incrédule, le jeune commis partit sans demander son reste, et s'en revint quelques minutes pus tard, accompagné d'Ighor, aux commandes d'un somptueux coche noir, peint aux armoiries du Duc de Merceuil et tiré par quatre puissantes juments blanches. Au grand étonnement de tous, le Duc prit appuis sur sa canne, plia les jambes et bondit, enfournant d'un coup sec la plus grande des juments. De sa canne-épée, il coupa net les liens, et dit :

- Ighor! Apportez ma jument Tritia comme présent au mariage de la Baronne Johanara, présentez lui mes homages, excusez mon absence et remettez lui mes meilleurs voeux de bonheur. Elle en aura besoin, puisqu'elle ne se marie pas avec moi... - Il ricana. - Quand au reste de ce coche... Apportez-les donc au Chancelier du Berry. Puisqu'il ne peut obtenir mes terres, tout au moins pourra-t-il faire semblant en se pavanant à bord... Enfin... Dites à ma soeur que je lui lègue tout ce que je possède.

Ighor acquiesça et avant qu'il ne put lui demander la raison de ces instructions, Le Duc de Merceuil partit au grand galop rejoindre le plus proche village de Saulieu. Ce n'est qu'une poignée de jours plus tard qu'il atteignit son objectif. Il se trouva une vieille auberge où, à la lueur d'une chandelle il écrit :

Citation :

    Ma Duchesse, ma mie, mon éternelle promise.
    Armoria,

    Avant tout, pardonnez le manque de respect de certain de vos titres, vous gagerez qu'il en est que je n'ai jamais su retenir... Mais si je vous écrit aujourd'hui, c'est pour me confesser. Me confesser de ma faiblesse envers vous. Envers nous. Je vous ai fui. Oui, je vous ai fui, et la honte de me dévorer car vous le savez, jamais la lâcheté ne me fût jadis conseillère. En tout cas certainement pas ceux qui m'ont, un jour béni, menés à vous.
    En choisissant cette vie recluse, je fuyais votre bon souvenir. Je voulais oublier. J'ai d'abord souhaité tout le malheur sur vous et votre famille. Mais un seul souvenir, une seule image de vous, et tout mon être me prouvait que je n'étais pas capable de vous en vouloir, de vous haïr... ni même simplement de ne plus vous aimer.
    J'ai tenté de lutter... J'ai laissé le temps éroder ma mémoire, le silence vider mon coeur... J'ai prié. Chaque jour, j'ai prié. Oui mais prié la créature sans nom, pour qu'elle m'ôte à tout jamais la capacité de chérir, d'adorer, d'aimer, de pardonner... Mais je n'eus aucune révélation. Et un temps vide de sens à coulé comme des larmes qu'aucune ombre n'a pu sécher.

    Je dois me résoudre à ce qu'aucun aimant ne puis. Je vous aime d'un amour que je haïs, indestructible et si puissant qu'il m'a réduit au silence... Alors je vous écris maintenant, enfin, après toutes vos lettres que j'ai laissées sans réponses. Pour vous dire que vous êtes tout ce que je souhaité, mais que je me suis corrompu dans la pureté de mes sentiments. Je ne puis plus vivre dans cette damnation d'amour qui me consume. Il est maintenant temps pour moi d'arrêter de mentir, je ne puis plus rester. Je vous ai un jour promis de ne jamais partir sans vous laisser, alors que vous me sauviez la vie. Ou de ne vous voir partir que de ma propre main. Mais je ne puis plus tenir cette trop lourde promesse. Je dois vous écrire que je m'en vais.

    Je ne sais où, je ne sais pour combien de temps. Ni si je ne reviendrais jamais, ou sous quelle forme. Mais de toute manière, je quitte ce royaume qui m'aura arraché ma dernière part d'humanité. Cela fait bien des Ducs qui ne voient plus mes allégeances, et je gage que mes terres seront bientôt saisies. Mais cela n'a plus aucune importance. Je dois nous libérer. Pour peut-être ne jamais nous retrouver.

    Vous êtes la meilleure chose qui me soit arrivée... La pire... Mais surtout la meilleure...
    Du fond du coeur.

    Puissiez-vous jamais me pardonner,

    Philippe.



    HRP : Comme vous l'avez peut-être appris, mon personnage a été éradiqué. Ca ne devrait pas vraiment être une surprise vu le temps que je suis resté absent du jeu. A tout ceux à qui ça crée encore de la peine, je m'en excuse. Je sais combien ça peut être douloureux de voir un compagnon de jeu s'en aller, je l'ai vécu plus d'une fois. Mon souhait n'était certainement pas de blesser quiconque. Il est vrai qu'en maintenant Asterius en vie si longtemps j'ai laissé planer un espoir de retour, et que entre tuer Asterius il y a un an ou le laisser indéfiniment en vie, j'ai probablement choisi une pire solution. Comment quitter sa vie sans faire souffrir ses proches? Comment regarder quelqu'un aime s'en aller sans peine? Je crois que c'est une question universelle de la vie...

    Mon RP de fin est très orienté, et j'espère que tout ceux que je n'y ai pas fait intervenir n'y verront pas un manque de reconnaissance. J'ai souhaité faire court, sans de grandes pompes, simplement en ligne avec la fin de sa vie, et puis surtout j'ai peur d'oublier un seul nom, alors je ne citerai personne ;-). J'ai toujours été franc, ceux qui ont accompagné Asterius tout au long de sa vie, sa famille, ses amis, ses amours, ses ennemis même, ses compagnons politiques, ses supérieurs et intendants, les habitants de Nevers, les Bourguignons, et des citoyens bien au delà pour certains, vous savez que je vous suis très reconnaissant pour cette belle histoire que vous m'avez aidé à créer. J'ai passé des moments inoubliables avec à vous tous, j'ai eu beaucoup de joies, des peines aussi, mais surtout énormément de plaisir grâce à vous tous. Ce jeu me manque encore souvent, je songe souvent au RP que j'aurais encore pu faire, et je rêverai de pouvoir revenir. Mais mon addiction à ce jeu justement et son côté chronophage sont hélas totalement incompatibles avec ma vraie vie.

    Alors à tous je vous dit merci du fond du coeur, adieu, et peut-être à dans une autre vie!
    Bye!

    LJD Asterius
    P.S. Je conserve mon adresse msn.
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MessageSujet: Re: Même les canards vont au paradis.   Jeu 28 Mai - 15:08

HRP c'est plus un vide, c'est au delà de ça... merci pour tout ce temps ici et ailleurs... même si mon cœur a mal je sais que tu pars pour de bonnes raisons...ce n'est pas aimer les gens que de les retenir contre ce qui est bon pour eux... je te demande pardon de t'avoir demandé de rester il y a un an environ... merci de l'avoir fait mais c'était un espoir un peu fou de voir renaitre des bals en Bourgogne comme nous avons connu... l'espoir un peu fou que le temps se serait figé...

pour ce qui est de faire un rp sur ton départ je vais te dire comme j'ai dit à Sab quand elle a arrêté, je vais me laisser le temps de digérer pour avoir moins de peine et trouver les mots...
Astérius était la dernière famille de mon perso... son parrain... le seul membre qui restait...j'espère qu'elle va en survivre ^^

prends soin de toi...

au plaisir de te recroiser ailleurs

bises
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Armoria
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MessageSujet: Re: Même les canards vont au paradis.   Jeu 28 Mai - 16:34

Armoria de Mortain dit :
*salut

Asterius dit :
*salut

Armoria de Mortain dit :
*je sais pas si tu as vu mon post hrp au collège ?

Asterius dit :
*non

Armoria de Mortain dit :
*tu vas bien ?

Asterius dit :
*Oui très bien. J'espère que toi aussi

Armoria de Mortain dit :
**change de sujet*
*je te montre le post en question, atta

Asterius dit :
*Tu as vu le miens de post?

Armoria de Mortain dit :
*oui
*on va te faire quelque chose de bien
*enfin si tu veux
*y'a des détails à régler
*vu les nouvelles règles, si tu veux que juliette hérite, il faut des funérailles, et donc, un décès
*à toi de nous dire si tu veux une disparition, et laisser planer le mystère
*ou bien si...

Asterius dit :
*Disons que la manière dont j'ai écris mon RP peut laisser penser qu'il n'est pas mort. Juste parti sans se retourner

Armoria de Mortain dit :
*d'où ma question, vi

Asterius dit :
*Au delà de ça, Juliette possède Mervans, qui a toujours été mon fief favoris. A vrai dire, je ne pensais même pas qu'il était maintenant possible d'hériter. Ensuite, ils sont demi-frères/soeur, par la mère, je suppose que c'est un obstacle?

Armoria de Mortain dit :
*je pense que oui
*bastardise empêche d'hériter, normalement
*or, dans votre rp, elle est bâtarde, si ma mémoire est bonne

Asterius dit :
*Oui

Armoria de Mortain dit :
*donc, ma question, en gros : si ton souhait, c'est qu'on ne sache jamais s'il est mort ou non, je me battrai pour ça
*et tu sais ce que ça signifie, quand je me bats pour quelque chose
*ton perso t'appartient, si tu préfères que certains le croient en vie, voire le cherchent (je ne cite personne, hein), la décision t'appartient, et on fera tout pour que ce rp, que tu auras choisi, soit respecté

Asterius dit :
*Je ne suis pas certain que Juliette souhaite vraiment le reste de mes terres. Et je préfère qu'il soit "parti", simplement, plutôt que mort * chasse la boule dans sa gorge *

Armoria de Mortain dit :
**papillote un peu des yeux* saletés de poussières, j'y vois plus rien, par moments
Asterius dit :
*Un peu comme dans le Seigneur des anneaux finalement...
Armoria de Mortain dit :
*et on retourne à l'un de tes avatars...
*autre chose
*sur ton rp à dijon
*il y a une partie rp et une autre hrp
*faudrait séparer les deux, je crois
*donc, que tu édites ton post, en n'y laissant que la partie HRP et en le précisant dans le titre, et que tu repostes le RP à côté
*qu'en dis-tu ?

Asterius dit :
*Euh... en vérité j'aime bien que les deux soient liés, parce que ce RP est très orienté sur ton perso, et certain pourraient s'en sentir délaissés alors que ce n'est pas du tout ma volonté
*Je ne veux pas que mon dernier RP donne ce sentiment

Armoria de Mortain dit :
*avec ta permission, je vais faire le copié-collé de cette convers, enfin, en retirant les passages qui ne regardent que nous (les curieux, on regarde ailleurs, merci)
*histoire que tout le monde connaisse tes souhaits

Asterius dit :
*pas de soucis
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MessageSujet: Re: Même les canards vont au paradis.   Jeu 28 Mai - 16:49

Armoria de Mortain dit :
*c'est posté
*et pour ce qui est de répondre HRP dans ce topic
*honnêment, je sais pas
*déjà, faut que je vérifie si j'ai des kleenex à portée de main
*ensuite...
*je me doute que pas mal de gens attendent une réaction
*mais pas envie de mettre mon coeur à nu

Asterius dit :
*(tel)

Armoria de Mortain dit :
*ceux qui nous connaissent bien savent peu ou prou dans quel état je suis, là, et les autres, ma foi... m'en fous un peu
*m'en fous de ton téléphone
*comme ça je peux parler sans être interrompue
*na

Asterius dit :
*Smile
*(mais tel quand même, et je te coupe si je veux, na)

Armoria de Mortain dit :
*et puis faut dire aussi... y'a pas mal de gens qui sont malsains, et j'ai pas envie qu'on s'imagine des choses qui seraient fausses et... "sales"
*me coupe pas, je suis petite et chétive, il va plus rien rester
*bon, ben je tente le direct live, sans filet, ne le lis qu'après si ton coup de fil est important, sérieux, pro, et nécessite zéro émotion, vu que je sais pas du tout comment je vais me sortir de là
**s'éclaircit la voix, ce qui est totalement débile sur msn, mais crotalors, fais c'que j'veux*
*alors... déjà, merci
*merci de tout ce temps
*de ces rires
*ces émotions intenses
*ces larmes, aussi
*pas toutes de tristesse
*même si là, les grandes eaux de versaille, à côté, c'est le dé à coudre
*merci d'avoir supporté mon caractère de cochon
*d'avoir et plus d'une fois sauvé ma vanillée d'une mort certaine
*de l'avoir fait vibrer, aimer, espérer et désespérer tout à tour
*de lui avoir donné une raison de vivre
*y compris en partant, parce que je sais déjà qu'elle fera tout pour te retrouver
*de lui offrir en cadeau de départ non pas une mort certaine, puisque celle d'asterius aurait mené inéluctablement à la sienne, mais quelque chose qui lui donnera la force de vivre, encore et encore, de franchir tous les obstacles pour retrouver le seul qui, au bout du compte, aura vraiment compté, le seul qui aura su garder intact ce qu'elle ressent pour lui
*tout au long de l'aventure commune de nos zoizos
*tu auras été délicat et prévenant
*et quelque part
*avec ce départ-là
*tu les envoies vers quelque chose d'éternel, une sorte de quête sans fin
*donc...
*merci à toi d'avoir croisé ma route, et merci à Asterius d'avoir croisé celle d'armoria
*en toute sincérité, et sans aucune vanité,
*je crois qu'à nous deux, on a sans doute écrit la plus belle histoire des RR
*et puis merdalors, tant pis pour les abrutis qui verront mal à ça, j'ai envie de le poster, ce que je viens de te dire là... Honni soit qui mal y pense
**s'essuie les yeux et se mouche*
*et je te défends d'avoir la voix qui tremble au téléphone, tu vas passer pour qui, là, rodidjiu ?
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MessageSujet: Re: Même les canards vont au paradis.   Jeu 28 Mai - 20:38

[hrp - alala tu parles trop Armoria ! tu ne lui en as même pas laissé placer une ! franchement tu exagères ! Laughing

sinon oui l'histoire de l'héritage on le savait déjà depuis un moment. Et perso, je visais absolument pas pour Juliette, les titres d'asterius. Il le savait. et c'est pas le sujet pour en parler d'abord ! lol

comme je l'ai dit sur msn moi c'est un au revoir (je dirai jamais adieu et j'irai t'embêter sur msn m'en fou !). et il est vrai que j'ai zappé une partie de ce que j'aurai du dire : Merci... et puis encore Merci (de m'avoir permis de pousser encore plus le rp de Juliette, de l'avoir développé.) et tout plein de chose. je dirai pas adieu comme je te l'ai dit sur msn mais juste au revoir (je raterai pas l'occasion de venir jouer les chieuses sur msn) voilà une fan qui perd son mentor de rp (pas totalement non plus) - fin de l'HRP pour moi ]
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Armoria
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MessageSujet: Re: Même les canards vont au paradis.   Jeu 28 Mai - 22:05

(Retour au RP)

L'une des premières choses que l'on apprenait, quand on était appelé à gouverner - du moins, si l'on était bien conseillé - c'était faire en sorte de ne pas réagir sur l'instant, ou du moins, ne pas le montrer.

Aussi, quand tout son être l'incitait à se frapper le front avec dépit en s'exclamant quelque chose du genre " ah noooooon : pas les deuuuuuuux !", sa contrariété de constater que le géniteur était accompagné du second - et peut-être pas dernier, allez savoir - oubli de ses joyeuses se réduisit à un léger froncement de nez. Elle parvint même à retenir un humpf qui pourtant ne demandait qu'à sortir, et invita d'un geste de la main ses visiteurs à pénétrer plus avant l'édifice de toile.

Le signe de tête en réponse à la salutation de ses... rha, géniteur et demi-frère fut poli mais un peu raide, celui vers la damoiselle, déjà plus chaleureux, s'orna d'un sourire : la pauvrette n'y était pour rien. Restait qu'il fallait tout de même faire respecter les usages.


Le bonsoir à vous trois. Messire Vortiris, vous m'obligeriez en évitant de me parler comme si nos liens étaient autre que de sang - autant dire accidentels.

Allez, ça, c'était fait... Au tour du bourrel, à présent.

Et si nous pouvions en rester au "vous", j'en serais ma foi fort aise.

Hop, et de deux. A la jeune femme :

Je vous parais sans doute froide et distante, damoiselle, c'est que je ne me suis découvert cette... parenté qu'assez récemment, et que messire le bourrel ici-présent a tenu envers feue ma mère des propos assez dépl...

Interrompue ? Oui, par Gaston, lequel avait reconnu l'encre et l'écriture de la lettre qu'elle venait de recevoir par messager. Cette écriture qu'elle guettait, il le savait, sur chaque courrier qu'elle recevait, qu'elle guettait depuis si longtemps. Il avait jugé quel a chose avait assez d'importance, aux yeux de sa maîtresse, du moins, pour l'interrompre.

Veuillez m'excuser de cette interruption, ce doit être urgent... Prenez donc place.

Elle s'écarta de quelques pas, et enfin, porta son regard sur l'écriture. Cette encre bordeaux... Cette écriture. Oh, tais-toi, mon coeur, l'on dirait que tu veux sortir de ma poitrine, et tu bats tans le tambour que Lyon toute entière va t'entendre !

Tais-toi, mon coeur, et vous mes yeux, repaissez-vous de ces mots si longtemps attendus, espérés, chéris par avance... Vous, mes mains, caressez ce velin avant de l'ouvrir, prenez votre temps pour que l'impatience me dévore... Mettez-moi à la torture, mes mains, que mon âme avide vous supplie d'enfin ouvrir cette lettre, et de la livrer à mes yeux qui brûlent de la lire... Là, maintenant... Doucement... Ma raison, tâche de rester encore un peu, et tente de convaincre mon coeur de ne point sortir de ma poitrine...


Citation :

    Ma Duchesse, ma mie, mon éternelle promise.
    Armoria,

    Avant tout, pardonnez le manque de respect de certain de vos titres, vous gagerez qu'il en est que je n'ai jamais su retenir... Mais si je vous écrit aujourd'hui, c'est pour me confesser. Me confesser de ma faiblesse envers vous. Envers nous. Je vous ai fui. Oui, je vous ai fui, et la honte de me dévorer car vous le savez, jamais la lâcheté ne me fût jadis conseillère. En tout cas certainement pas ceux qui m'ont, un jour béni, menés à vous.
    En choisissant cette vie recluse, je fuyais votre bon souvenir. Je voulais oublier. J'ai d'abord souhaité tout le malheur sur vous et votre famille. Mais un seul souvenir, une seule image de vous, et tout mon être me prouvait que je n'étais pas capable de vous en vouloir, de vous haïr... ni même simplement de ne plus vous aimer.
    J'ai tenté de lutter... J'ai laissé le temps éroder ma mémoire, le silence vider mon coeur... J'ai prié. Chaque jour, j'ai prié. Oui mais prié la créature sans nom, pour qu'elle m'ôte à tout jamais la capacité de chérir, d'adorer, d'aimer, de pardonner... Mais je n'eus aucune révélation. Et un temps vide de sens à coulé comme des larmes qu'aucune ombre n'a pu sécher.

    Je dois me résoudre à ce qu'aucun aimant ne puis. Je vous aime d'un amour que je haïs, indestructible et si puissant qu'il m'a réduit au silence... Alors je vous écris maintenant, enfin, après toutes vos lettres que j'ai laissées sans réponses. Pour vous dire que vous êtes tout ce que je souhaité, mais que je me suis corrompu dans la pureté de mes sentiments. Je ne puis plus vivre dans cette damnation d'amour qui me consume. Il est maintenant temps pour moi d'arrêter de mentir, je ne puis plus rester. Je vous ai un jour promis de ne jamais partir sans vous laisser, alors que vous me sauviez la vie. Ou de ne vous voir partir que de ma propre main. Mais je ne puis plus tenir cette trop lourde promesse. Je dois vous écrire que je m'en vais.

    Je ne sais où, je ne sais pour combien de temps. Ni si je ne reviendrais jamais, ou sous quelle forme. Mais de toute manière, je quitte ce royaume qui m'aura arraché ma dernière part d'humanité. Cela fait bien des Ducs qui ne voient plus mes allégeances, et je gage que mes terres seront bientôt saisies. Mais cela n'a plus aucune importance. Je dois nous libérer. Pour peut-être ne jamais nous retrouver.

    Vous êtes la meilleure chose qui me soit arrivée... La pire... Mais surtout la meilleure...
    Du fond du coeur.

    Puissiez-vous jamais me pardonner,

    Philippe.

Etouffer... Elle étouffait.

Envie de hurler sous ce ciel de toile tendue. Et elle était loin ! Si loin, quand elle n'avait qu'une envie, n'éprouvait qu'un désir, courir, même à pied, même pieds-nus, même à genoux, pénitente, pour le rejoindre... Si loin, mon Dieu !

Lire. Relire. Encore et encore, pour être sûre de comprendre, lire jusqu'à s'enivrer, jusqu'à espérer d'avoir trop lu et donc mal compris. Boire le calice jusqu'à la lie, boire ce doux poison, si bon, si dur, si âpre... Le boire jusqu'aux abords de la folie.

Parti... Où ? Mais où ?

Seigneur... Le trouver, le retrouver ! Vite... Chacun de ses mots était fait d'amour et de perdition... Risquer de ne jamais le retrouver ? Non... Non ! Seigneur, non, pas ça !

Raz de marée de sentiments, de hurlements coincés à l'intérieur d'un esprit à la torture, instant d'éternité, et pourtant, pour ses hôtes, quelques minutes à peine... Juste le temps de la voir blêmir jusqu'à devenir aussi blanche qu'une morte. Juste le temps de voir trembler les mains de celle qui savait en temps normal contrôler suffisamment ses émotions pour ne pas les montrer. Juste le temps de voir ses yeux s'allumer d'un éclat sauvage, étincelant, un regard perdu, éperdu.


Je... partir...

Rester loin de lui ? Ne rien tenter ? NON !

Je dois... partir, je... pardon.

Saisir à deux mains ses jupons, sortir de la tente comme une tornade blonde, et courir au milieu du camp, cherchant un donneur d'ordres, quelqu'un, vite...

Où sont les responsables de l'armée ? De la défense ? Vite ! Pitié, vite, quelqu'un ! Oh, quelqu'un, mon Dieu...

Les larmes qui refusent de couler sont toujours les plus brûlantes... Celles-là même qui vous ronge les yeux comme pour mieux vous faire sentir ce déchirement de votre coeur. Celles-là même qui se bousculent dans votre gorge, et vous étouffent.
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MessageSujet: Re: Même les canards vont au paradis.   Jeu 28 Mai - 23:02

(désolée pour le double post)

Albator - Snell dit :
**montre quelques techniques avec l'épée à des soldats lorsqu'il entend Armoria dans le camp*
*Armoria?
**remarque qu'elle est en pleurs, affolée*
*Armoria!


Armoria de Mortain dit :
**ne réagit pas aussitôt, occupée qu'elle est à trouver quelqu'un qui la libère de son devoir*

Albator - Snell dit :
**court pour la rattraper, de plus en plus inquiet*
**se rapproche assez pour risquer l'indiscrétion * Anaëlle! Qu'y a-t-il?


Armoria de Mortain dit :
**se retourne d'un bloc, le visage défait, les yeux brûlants de larmes retenues*
*Snell...
*je dois partir
**regarde de tous côtés, hagarde*
*partir... oui, rentrer

Albator - Snell dit :
**la prend par les épaules dans un espoir de la calmer*
*Rentrer? Mais que se passe-t-il?
**tente de capturer son regard avec le sien*


Armoria de Mortain dit :
*il a disparu *ton de voix monocorde, comme absente*
*je dois le retrouver
*il faut que je le retrouve
**tient toujours la lettre serrée bien fort dans sa main droite*

Albator - Snell dit :
*Disparu? Qui donc? Philippe-Lévan?


Armoria de Mortain dit :
*Philippe...

Albator - Snell dit :
*Qu'est-il arrivé?
**ne remarque pas la nuance de nom*
*Qui l'a prit?


Armoria de Mortain dit :
*il m'a écrit... il part
*oh mon dieu, il part
**retient à peine un gémissement de détresse*

Albator - Snell dit :
*Il t'a écrit? Il part? *trouve que ça cadre mal avec son fils* Anaëlle, parle-moi pour l'amour d'Aristote!


Armoria de Mortain dit :
*il...
*je ne sais pas où il va
*il part pour ne plus revenir, cela se sent dans chacun de ses mots
**grand frisson qui la traverse*
*je dois trouver quelqu'un qui me dégage de mon service
*rentrer
*chercher

Albator - Snell dit :
**regarde autour pour l'aider à trouver quelqu'un, ne comprenant toujours pas*
*Mais qui pourrait te mettre dans cet... Philippe? Asterius? C'est Ast qui part?


Armoria de Mortain dit :
**sursaute à ce nom, parvient à trouver le regard de snell*
*tu sais où ?
*il te l'a dit ?
**voix pleine d'espoir*
**s'accroche à ses manches*

Albator - Snell dit :
*Quoi? Mais... mais non, je n'en sais rien... mais je t'aiderai, tu le sais bien!


Armoria de Mortain dit :
**visage marqué par la déception, mains qui relâchent les manches de Snell, celle de droite retournant serrer la lettre contre sa poitrine, toute petite voix, yeux baissés* oh... je pensais que... peut-être

Albator - Snell dit :
**sent son coeur se serrer un peu, mais ne veut pas y penser*
*Allons trouver la gouverneure. Tu dois retourner en Bourgogne. Je resterai pour aider en ton nom.


Armoria de Mortain dit :
**est trop loin dans sa folie pour réaliser qu'elle blesse cet homme qui partage tout de sa vie depuis la Bretagne, cet homme qui l'a empêchée de sombrer en lui rendant son corps et son coeur ravagé, meurtri*

Albator - Snell dit :
**se répète qu'il n'apprend rien. Il doit penser à elle. Penser à elle. Penser à elle.* Viens, ma très chère. Allons-y.
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MessageSujet: Re: Même les canards vont au paradis.   Sam 30 Mai - 17:44

Ighor avait suivit les instructions du Duc de Merceuil, jument livrée à la Baronne de Lignières, il poursuivit sa quête vers le Berry, avec l’attelage du Duc, à la recherche du chancelier de Berry.

Arrivé à Bourges, il se fit indiquer la chancellerie Berrichonne et alla s’y présenter. On lui indiqua que le Chancelier était partit se reposer sur ses terres en cette fin de semaine, et que Dun-le-Roy était au sud-est de Bourges à quelques dizaines de lieux.

Il avait prit donc la route de Dun-le-Roy et voyagea jusqu’à trouver la ville, demandant de temps à autres son chemin, ou vérifiant qu’il était sur la bonne route.
Le coche allait bon train sur les routes lorsqu’il aperçut une ville encerclait de grande muraille, frappé de nombreuses tours, près d’une rivière, l’Auron.

Les voyageurs semblaient tous se presser vers l’unique porte de la ville ouverte, où la garde procédait à une fouille minutieuse des voyageurs. L’homme attendit donc de pouvoir enfin franchir l’enceinte de la ville.
Lorsqu’il fut enfin arrivé aux portes de la ville, après plusieurs heures d’attentes, on le fit descendre de son coche, et tandis qu’il était inspecté, un des garde le conduit à un vieux sergent qui assis sur un bureau improvisé, plume dans une main, parchemin d’un regard inquisiteur lui posa ses questions :


- Alors Dunois ou aubain ?
- Aubain.
- Vous avez des marchandises à vendre ?
- Non.
- Bien, bien, ça nous fera donc 10 écus au titre de la taxe sur la consommation d’air par les aubains dans la ville de Dun-le-Roy, auquel nous ajoutons 15 écus pour votre véhicule terrestre à quatre chevaux...
Anticipant les contestations, fort de son expérience de plusieurs mois à racketter les passant, ah hem, à appliquer les lois de la ville je sais, je sais, vous en avez que trois, mais ici on arrondi toujours au dessus, et la taxe prévoit deux chevaux ou quatre…Ah et j’oubliais, c’est à acquitter tout de suite, sinon dehors, mais on prendra soin de vous saisir de tout ce que vous avez sur vous. Bon allez, le temps c'est de l'argent, payez et partez !

Ighor bon gré mal gré s’acquitta de la somme réclamée, avec la même sensation qu’un passant racketté, prenant tout de même le temps de demander son chemin vers le Duc de Dun, ce qui lui valut dans un premier temps la colère du sergent qui pensait que c’était pour une réclamation et qui lui indiqua que la personne chargée des réclamations était le bourreau, puis qui après explications prit la peine d’expliquer qu’il lui suffisait de remonter la rue droit devant lui jusqu’au beffroi, de franchir l’enceinte et de poursuivre son chemin jusqu’à arriver aux portes du Châtelet puis au Châtelet, là où vivait le Duc.

Le périple semblait toucher à sa fin, Ighor laissa le coche devant les portes, se fit annoncer au Duc de Dun-le-Roy. Introduit auprès de lui, il le trouva affaler sur un fauteuil près du feu.

Toussotement gêné.
Bonjour vot’grasce, je suis au service du Duc de Merceuil …qui a disparut…Thomas sans se lever, sans le saluer, ni lui laisser finir, lui rétorqua : Si vous me dérangez simplement pour me prévenir qu’une personne que je ne connais que peu a disparut, vous allez finir pendu à mon Beffroi…un conseil, fuyez tant que vous le pouvez, je n’ai que faire qu’il soit disparut, une simple lettre aurait suffit pour me prévenir de cette affaire, allez sortez !

Ighor décidé à accomplir sa mission répondit d’une voix assurée : Mais c’est qu’il m’a demandé de vous porter quelques uns de ces biens avant de partir …

Le Duc qui venait de comprendre que le vieil homme semblait ne pas l’avoir oublié, pis disposé à verser ses bienfaits sur lui, bondit de son fauteuil et se tourna vers Ighor : Ah mais vous venez de la part du Duc Asterius de Mercueil ! Quel grand homme ! Quel homme merveilleux ! Que Dieu accorde à celui qui est certainement le plus grand bourguignon une vie longue ! Se souvenant que le Prince de Condé n’était pas encore mort, ni surtout la Princesse Armoria, de qui il espérait bien hériter de quelques trésors, il se ravisa : Enfin l’un des grand plus grands.
Impatient. Ceci étant dit, je ne vous propose pas de boire, le Duc était peu disposé à laisser un étranger souiller ses verres et vider ses bouteilles, j'imagine que vous êtes plus que rassasié et que vous avez très envie de rentrer chez vous ! Allez l'ami, menez moi à l'objet de votre visite, loin de moi l'idée d'abuser de votre temps !

Les deux hommes sortir donc du Châtelet et allèrent devant les portes retrouver le coche aux trois chevaux frappés des armes de Merceuil. Surprit, Thomas s’imaginait trouver un long cortège remplit des meubles et autres richesses du vieux Duc, s’imagina alors que dans ce coche était entassés des centaines de pierres précieuses et autres objets d’or.


- Allez l'ami, sortez tout cela du coche ! Lui dit le Duc.
- Sortir quoi vot'Grasce ? regard intérogateur.
- Sortir ce que vous êtes venu m'apporter, voyons !
- Mais...tout est devant vous..
- Comment cela ?
Regard inquisiteur.
- Ce que mon maitre vous offre, c'est ce coche et ces trois cheveaux...
- Hum...pensif...Et que suis-je sensé faire cela ?
- L'Duc a dit que puisse vous ne pouviez obtenir ces terres, vous pourrez au moins faire semblant en vous pavanant à bord de son coche...
- Maraud ! Comme oses tu venir sur mes terres m'insulter ! Visiblement irrité.
- Mais...ce sont ses mots...
- Par la catin poilue d'Aristote, après tout ce que j'ai fais pour lui, quel ingrat !
Dit il alors qu'il n'avait jamais rien fait pour lui et qu'il le connaissait assez peu...

Se tournant vers les gardes de la porte :
Pendez moi ce messager de mauvais augure et aller chercher mon palefrenier. Puis après une courte réfléxion le pendre allait user une corde, le brûler coûter quelques stères de bois et ce fichu boureau qui refusait d'officier temps qu'il n'aurait pas perçu ses émoluments pour les quatre derniers mois.. Réflexion faite, laissez le partir et faites venir prestement ce maudit palefrenier !
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MessageSujet: Re: Même les canards vont au paradis.   Sam 30 Mai - 18:25

De retour en Bourgogne, le 30 mai 1457 :

La folie. C'était la folie qui la guettait, elle le savait, elle le sentait dans toutes les fibres de son âme. Elle avait lu et relu la lettre aimée et maudite tout à la fois, y cherchant un indice, une raison d'espérer, un petit quelque chose à quoi se raccrocher, juste de quoi se dire qu'elle se trompait, que cette certitude qu'il ne reviendrait jamais était stupide.

Le pauvre messager, qui n'avait commis pour seule faute qu'accepter quelques Ecus moyennant le port d'une missive, avait été quasiment passé à la question. Peu en était sorti : un homme vêtu de velours bordeaux, s'appuyant sur une canne, lui avait confié cette lettre en lui disant de la porter à Ménessaire, et de là, une jeune fille blonde l'avait envoyé vers Lyon... Que savait-il ? Il vivait dans l'un de ces petits bourgs qui ornaient la campagne de Saulieu de ces clochers vernissés. L'homme était parti sur le dos d'une belle jument blanche. Pas de voiture armoriée ? Non. Un rubis au bout de la canne ? Une chevalière ornée d'un canard ? Oui. Que savait-il d'autre ? Rien...

Elle avait demandé et obtenu le droit de rentrer en Bourgogne : sur Lyon, la menace était moins vive. Un messager les avait précédés, Snell et elle, de quelques heures. Ses ordres : filer tout droit vers Nuits-Saint-Georges.


Citation :
Lyon, le 29 de mai 1457

Cardinal, mon ami,

C'est en Bourgogne, à un beau Duc aimé et respecté, qu'écrit ce jour une mignonne princesse dont le coeur vient de se briser, et qui n'a de cesse de pleurer... A se demander si les larmes ne se vont pas muer en glace, pour former autour de ce coeur une tour infranchissable.

Cardinal... J'ai reçu hier une lettre dont le contenu m'a plongée dans un gouffre d'inquiétude. Asterius de Merceuil m'y annonce un départ dont je sens qu'il sera sans retour. Je l'ai reçue si loin et pourtant si près, à un jour de la Bourgogne, où je reviens dès demain.

Cardinal... Souventefois, je vous ai dit, écrit, à quel point vous me manquiez : jamais autant que ce jour. Jamais autant qu'en cette heure, je n'ai ressenti le besoin de votre présence, de votre épaule pour m'y appuyer.

Je le vais chercher, je le dois retrouver... M'y aiderez-vous, mon ami ?

Oh, Cardinal, je vous en prie... Je sais que mes lettres troublent votre ataraxie, tant et si bien qu'elles restent bien souvent sans réponse. Qu'y puis-je si j'éprouve le besoin de vous écrire, le plaisir égoïste de savoir que vos yeux découvrent mes mots ?

Cette fois, c'est un véritable appel au secours que je vous lance. Je perds pied... S'il a disparu, s'il ne compte jamais revenir, que vais-je devenir ? Quel lointain espoir guidera ma route ? Quel amère pensée me rappellera tout ce que j'ai sacrifié sur l'autel du devoir ?

Cardinal, je vous en prie... Aidez-moi.

Armoria

Snell, une fois en Bourgogne, ferait le tour des monastères. Sebonemo la rejoindrait à Mâcon, le lendemain. Et elle... Elle devait réfléchir. Que faire, à qui écrire, qui prévenir, où se renseigner ? Sa soeur... Ses amis... Qui avait-il gardé, comme amis ? Le Duc... La Grande Prévôté... Le SRING ? Utiliser ses contacts...

Dans l'auberge où elle avait pris ses quartiers jusqu'au lendemain, la plume courait sur le vélin, aussi légère que son coeur était lourd.


Citation :
Mâcon, le 30 de mai 1457,

Baronne Juliette,

J'ai reçu de votre frère missive plus qu'alarmante, où ce qu'il m'écrit me laisse penser qu'il a l'intention de disparaître du Royaume, n'hésitant pas pour cela à renoncer à ses titres et bien. Je ne cherche en rien à vous cacher mon inquiétude, pour ne point dire davantage, et je vais user de tous les moyens à ma disposition pour tenter de le retrouver. Il m'est tout bonnement insupportable de le laisser errer ainsi loin de tout ce qu'il a connu et aimé, loin de tout ce qui a fait de lui ce qu'il est.

Je suis navrée de vous asséner ceci de façon si abrupte, mais le fait est que j'ai moi-même grand-peine à ne point verser dans la folie la plus sombre.

Je vous en prie, je vous en supplie... Si jamais quelque nouvelle vous parvenait, faites-le moi savoir : c'est par lui que je respire. Même s'il veut que j'ignore où il se trouve, que je sache, du moins, qu'il est en vie et se porte bien. Il a emporté avec lui la meilleure part de moi.

De mon côté, je vous aussi au courant si jamais je parviens à apprendre quelque chose.

Armoria de Mortain

Juliette... D'autres ? Berry, il aimait le Berry. Qui ? Thomas ! Johanara ! Vite, encore du vélin, vite, encore de l'encre, vite, une autre plume !

Citation :
Mâcon, le 30 de mai 1457,

Duc Thomas,

Ce sont les affres des pires craintes qui poussent ma plume ce jour : Asterius d'Harles m'a mandé missive, et je crains qu'il ne soit perdu pour nous. Il semble s'être lancé sur les routes pour ne plus jamais revenir... Si vous avez reçu des nouvelles, je vous en supplie, faites-le moi savoir, je suis sur des charbons ardents.

Armoria de Mortain

Citation :
Mâcon, le 30 de mai 1457,

Baronne Johanara,

Las, cette missive n'a point pour but de vous féliciter de votre récent mariage : elle n'est causée que par ma grande inquiétude. Asterius d'Harles est parti sur les routes, et grande est ma crainte qu'il ne revienne pas. Si vous savez quelque chose de lui, de grâce, dites-le moi...

Armoria de Mortain

Doigts qui pianotent sur le bois de la table... Tentation ô combien forte... Avait-elle le droit ? Mais à quoi bon être Grand Maître de France, à quoi bon n'avoir jamais rien demandé pour elle, à quoi bon avoir toujours accompli son devoir dans l'abnégation ? N'avait-elle pas déjà payé le prix, si amer et si lourd ? N'y avait-elle pas déjà laissé son coeur ? Ses doigts tremblaient quand elle reprit la plume. Sa conscience lui hurlait de ne pas écrire cette lettre, quand son coeur l'y encourageait. Tempête dans son esprit. Pitié, non, encore un peu de lucidité... Pitié...

Citation :
Mâcon, le 30 de mai 1457,

Dame Pisan,

Cette missive doit demeurer confidentielle. Je voudrais que vous lanciez nos services à la recherche d'un homme qui m'a dérobé quelque chose à quoi je tiens énormément. Il est grand et brun, se déplacé avec une cannne-épée de bois noble et ornée d'un gros rubis rouge. Sa vesture est de velours bordeaux, et il ne se dépare jamais d'un long mantel. Il porte une chevalière ornée d'un canard aux ailes déployées.

Soyez discrète, comme à votre habitude. Ne vous saisissez point de lui si vous le trouvez, mettez-le sous surveillance et prévenez-moi : je ferai diligence.

Armoria de Mortain

Elle sortit de son corsage un mouchoir vanillé et s'en essuya les tempes, songeuse. Avait-elle le droit ?

Son regard se porta sur sa robe. Sa robe bleue. Elle ne supportait plus ce bleu. Il lui fallait du bordeaux. Des vêtements bordeaux, et rien d'autre.
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